La communion en dehors de la messe

éléments du rituel

Nos paroisses ont l’habitude que l’eucharistie dominicale puisse être partagée avec ceux qui ne peuvent participer à l’assemblée du fait d’une santé trop fragile. De nombreux bénévoles visitent ainsi des personnes chez elles ou en établissements pour personnes âgées. Les restrictions faites actuellement à l’exercice public du culte font qu’en de nombreux endroits la question ne se pose pas seulement de donner la communion aux baptisés malades mais aussi à d’autres catholiques qui en font la demande. Il est même diverses communautés paroissiales où la proposition est faite de recevoir la communion en dehors de la messe. Cette page vous offre les éléments du "Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe" (2ème édition) afin de vivre correctement cette proposition.

Feuillet pour se préparer à recevoir la communion

Déroulement pour "recevoir la communion"

Quelques éléments de réflexion

« La participation la plus parfaite à la célébration eucharistique consiste à recevoir la communion sacramentelle au cours de la messe » (Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe n°13). Cependant, pour ceux qui ne peuvent pas participer à l’assemblée eucharistique dominicale (pour un « juste motif », par exemple une santé trop fragile) on a l’habitude que l’eucharistie paroissiale puisse leur être partagée et apportée. S’unir au Christ qui s’offre au Père pour notre Salut et s’unir à son corps qui est l’Église sont indissociable. L’Apôtre St Paul aime à écrire que Jésus ressuscité est la tête du corps dont nous sommes les membres. Recevoir ainsi la communion en dehors de la messe, sollicite du fidèle qu’il s’unisse de cœur à la célébration de la messe où « le peuple de Dieu participe aux bienfaits du sacrifice pascal, renouvelle l’alliance nouvelle scellée par Dieu avec les hommes une fois pour toutes, dans le sang du Christ ; ce banquet eucharistique, dans la foi et l’espérance, préfigure et anticipe le banquet eschatologique dans le royaume du Père, en annonçant la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (Eucharisticum mysterium n° 3a)

Il y a donc un rituel, un déroulement prévu par l’Église pour mettre en œuvre la distribution de la communion en dehors de la messe.
Comme habituellement, il revient à chacun, éclairé par l’Église de soigner les dispositions intérieures qui conviennent avant de recevoir la communion sacramentelle. Bien entendu, le recours préalable au sacrement de réconciliation demeure une exigence en certains cas, mais c’est aussi à un certain « climat » intérieur et extérieur qu’il convient de veiller pour vivre cette rencontre, cette communion.

Quelques éléments des notes pastorales du rituel

Extraits de quelques notes du "Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe"

(...) 13. La participation la plus parfaite à la célébration eucharistique consiste à recevoir la communion sacramentelle au cours de la messe (...)
14. Les prêtres ne refuseront pas de distribuer la communion, même en dehors de la messe, aux fidèles qui le demandent pour un juste motif. En outre, il convient que les fidèles empêchés d’assister à la célébration eucharistique de la communauté soient fréquemment réconfortés par l’eucharistie, et qu’ainsi ils se sentent unis non seulement au sacrifice du Seigneur, mais aussi à cette communauté, et soutenus par l’amour de leurs frères. (...)
15. On enseignera soigneusement aux fidèles ce qui suit. Même lorsqu’ils communient en dehors de la célébration de la messe, ils s’unissent intimement au sacrifice qui perpétue celui de la Croix ; ils participent à ce banquet sacré (...)
17. C’est tout d’abord au prêtre et au diacre qu’il appartient de donner la sainte communion aux fidèles qui la demandent. Il convient tout à fait qu’ils accordent une part de leur temps à ce ministère de leur ordre, dans la mesure où les fidèles en ont besoin. (...) [L’ordinaire] peut aussi permettre aux prêtres responsables d’une assemblée de désigner une ou plusieurs personnes pour les aider tel jour à donner la communion à l’église ou pour aller porter la communion aux malades.
18. Le lieu où l’on distribue la sainte communion en dehors de la messe est normalement l’église ou l’oratoire ou l’eucharistie est habituellement célébrée ou conservée (...) Toutefois on peut donner la sainte communion en d’autres lieux, sans exclure les maisons privées, quand il s’agit de malades, de prisonniers ou de fidèles qui ne peuvent sortir sans danger ou sans grave difficulté.
19. Lorsqu’on donnera la sainte communion dans un église ou un oratoire, on mettra le corporal sur l’autel couvert d’une nappe ; on allumera deux cierges en signe de vénération et pour évoquer un banquet de fête. Lorsqu’on donnera la communion en d’autres lieux, on veillera à disposer une table recouverte d’une nappe à l’endroit le plus favorable pour la participation du malade et de son entourage ; on aura soin surtout de donner à la célébration un aspect de fête, de beauté et de joie.
20. En toute circonstances, les ministres de la communion auront un vêtement qui convient à ce ministère. A l’église (...) le ministre de la communion, s’il est prêtre ou diacre, revêt l’aube (...) et prend l’étole. (...) Si la communion est donnée en dehors de l’élise, on portera l’eucharistie dans une custode ou par un autre moyen approprié, avec le vêtement qui convient à ce ministère. (...)

Déroulement de la célébration

Il va de soi que l’interdiction faite d’organiser tout rassemblement ne permet pas de déployer réellement cette proposition avec plusieurs personnes dans une église. Elle peut se déployer dans un cadre de célébration avec avec une ou deux personnes à l’église ou bien à domicile (chez une personne, une famille, ou un lieu de vie communautaire). La proposition ci dessous est élaborée à partir des deux formes que proposent le rituel : Célébration communautaire(pp. 21-30) & rite bref (pp. 30-37)

1- Entrée en célébration

Après un éventuel chant, on fera le signe de croix,
Le prêtre ou diacre utilisera l’une des formules habituelles de salutation liturgique
Si c’est un laïc, il pourra dire par exemple : "mes frères, bénissez le Seigneur qui dans sa bonté vous invite à la table du corps du Christ" et tous répondent : "Beni soit Dieu, maintenant et toujours !".

2- Préparation pénitentielle

On pourra employer au choix :

  • une formule litanique ("Seigneur Jésus, envoyé par le Père..."),
  • une supplication ("Seigneur accorde-nous ton pardon..." )
  • la récitation du "Je confesse à Dieu...".

3- La Parole de Dieu.

Selon les circonstances on prend les textes, soit dans la liturgie du jour, soit dans le Lectionnaire des messes rituelles (la nouvelle édition ne contient plus ce chapitre ; dans l’ancienne édition, cela se trouve aux pages 165 à 194, on trouve la liste des références dans le rituel de l’eucharistie en dehors de la messe pages 81 à 86, vous pouvez en faire la demande si besoin) ou tel autre texte de la Bible plus approprié à des circonstances particulières. Dans le contexte actuel des restrictions du culte, il semble plus opportun de prendre l’une des lectures du dimanche ou une des lectures du jour.

  • On peut prendre une seule lecture ou plusieurs selon ce qu’on jugera opportun.
  • On conclut par la prière universelle (par ex. : celle de la paroisse ou à défaut celle d’une revue ou un partage d’intentions spontanées). S’il semble opportun on peut omettre cet élément.

4- Communion

Si on se trouve dans un lieu de culte, le ministre se rend au lieu de la réserve et la dépose sur l’autel et fait la génuflexion. Le ministre introduit le Notre Père, en disant par exemple : "Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :"
et tous poursuivent :
Notre Père qui es au cieux...
... mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent
le règne, la puissance et la gloire
pour les siècles des siècles.

Puis on peut adresser l’invitation suivante (selon ce qui est opportun) : "Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix".

Puis le ministre fait lé génuflexion, prend le pain consacré, et le tenant un peu élevé au-dessus du ciboire ou de la custode, tourné vers les communiants dit : "Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde".
Et les communiants ajoutent : "Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri".
La communion est alors donnée à chacun : "Le corps du Christ" R/ : "Amen"
On peut alors prier un moment en silence. On peut aussi chanter un psaume ou un cantique de louange.

Ce temps se termine par une prière au choix. On peut prendre l’oraison d’ouverture de la messe dominicale (souvent le plus opportun) ou on peut prendre l’une des suivantes (le rituel en propose 11) :

Pénètre-nous, Seigneur, de ton esprit de charité,
afin que soient unis par ton amour
ceux que tu as nourris d’une même pain, le corps du Christ.
Lui qui règne avec toi pour les siècles des siècles.

ou bien
Que cette participation à la la table du Royaume
nous sanctifie, Seigneur notre Dieu,
pour que la communauté chrétienne trouve sa cohésion
dans le corps et le sang de ton Christ.
Lui qui règne avec toi pour les siècles des siècles.

ou bien
Pour avoir communié, Seigneur, aux mystères de la ta gloire,
nous voulons te remercier, toi qui nous donnes déjà, en cette vie,
d’avoir part aux bien de ton Royaume.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

ou bien
Nous t’en supplions, Dieu tout-puissant :
Toi qui refais nos forces par tes sacrements,
donne-nous aussi de pouvoir de servir
par une vie qui te plaise.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

ou bien
Après avoir mangé ce pain unique,
nous te supplions, Seigneur :
Affermis-nous sans cesse dans ton amour
et fais-nous vivre d’une vie nouvelle.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

5- Conclusion

  • S’il est prêtre ou diacre, il dit : "Le Seigneur soit avec vous ..." et donne la bénédiction selon la formule habituelle.
  • Si le ministre n’est pas prêtre ou diacre, il dit en demandant la bénédiction de Dieu et en se signant : "Que le Seigneur nous bénisse, qu’il nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle" ou bien "Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous bénisse et nous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit".
    Enfin le ministre dit :" Allez dans la paix du Christ" et tous répondent :"Nous rendons grâce à Dieu".
    On peut envisager de terminer en se confiant à la Vierge Marie (Je vous Salue Marie ou un chant)